It

Je lis…

Catherine Grive
Gallimard Jeunesse

Scripto
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Pour lecteurs collectionneurs





Attirée par sa couverture et son thème, j’ai lu d’une seule traite ce petit roman, qui m’a plutôt convaincue.

Comme une flamme

Pour ses parents, c’est Joséphine. Au collège, c’est It. Si les autres ont d’abord utilisé le pronom impersonnel pour se moquer, l’effet est raté. Ça lui convient, à Jo, ce surnom, cet indéfini. Elle qu’on confond depuis toujours avec un garçon et qui jamais ne corrige. Alors bien sûr, il y a les regards de incrédules, les jours de rentrée scolaire, quand un nouvel enseignant cherche une longue chevelure de fille à qui rattacher son prénom. Il y a les nombreuses fois où ses parents corrigent, dans un magasin, à un fête, non ils n’ont pas de fils mais une fille, oui. Jo, elle, ne corrige pas. Elle cultive un style de garçon manqué, comme dit sa mère, et dessine. Dessine. Jusqu’au jour où elle s’entraîne à dessiner le reflet d’une flamme d’allumette dans une pupille. Jusqu’à parvenir au résultat attendu, poser ses affaires, changer de pièce…. Entendre crier au feu et voir partir en flamme l’immeuble entier.

Dont naît

Se retrouver à la rue. Ne posséder plus que son carton à dessin. Plus aucun habit, plus de voisine avec qui partager sa solitude, plus de refuge où être soit. À 14 ans, tout perdre, c’est dur. Et le roman prend le temps de développer ce ressenti de perte, la difficulté à faire le deuil de toutes ses possessions matérielles.
Mais cette situation, entre dénuement et culpabilité tant que les causes de l’incendie n’ont pas été dévoilées, peut permettre un renouveau. Quand on ne possède plus rien, on peut choisir de tout recommencer, sans être encombré par l’ancien. Alors Jo recompose petit à petit sa garde robe. Elle s’autorise des choix, des postures, des attitudes qu’elle n’avait jamais assumées. Coupe, encore un peu plus court, ses cheveux. Cherche son refuge à l’intérieur, comme l’extérieur a volé en éclat.

Un brasier

Le roman est émaillé par le feu, les flammes ne sont pas toutes physiques, et le feu est aussi bien destructeur que purificateur. C’est avant tout un récit d’adolescence que l’on lit, de formation, de naissance, de recherche de soi.
Les romans de vécus adolescents sont nombreux. Ceux qui sortent des schémas traditionnels sont d’autant plus importants qu’ils permettent de découvrir et d’accepter les différences de soi et de chacun. Ici, on a une histoire, une enquête et, d’un autre côté, un questionnement intime. Les problèmes de la vie sont les mêmes quel que soit son genre et j’ai aimé cette approche dans le roman.
Un roman très court, puissant sans être violent.

Une quête identitaire forte et riche, qui aborde les questions du genre et l’acceptation sans jamais imposer ou juger.

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